C'est un
petit village du kenya où vivent des femmes qui ont vécues le pire. Elles sont nos soeurs. Depuis
janvier 2008 le petit village ne donne plus de nouvelles. Aidons celles qui sont nos soeurs parlez d'elles autour de vous. Un battement d'aile de papillon peut déclencher une tornade.
Dans la communauté Samburu, c’est toujours la femme qui travaille beaucoup. Elle se réveille tôt, vers 3h, elle travaille toute la journée et se couche tard vers 23h. L’homme, lui, dort quand
il veut et autant qu’il veut. A son réveil, il réclame son petit déjeuner, sort éventuellement le bétail de l’enclos et va dormir sous un arbre. Le reste du temps, il joue avec ses amis, exige
qu’on lui apporte la nourriture là où il se trouve. Après il dort, et de nouveau il demande de la nourriture. La femme fait tout, mais rien ne lui appartient. Parfois elle n’a même pas le droit de
manger.
Cercles de colliers aux couleurs chatoyantes autour du cou, robes flamboyantes, la femme adossée à un tronc semble sortie d’une pub pour safaris. Elle est en réalité l’une des
protagonistes de Umoja, le village interdit aux hommes. Ce documentaire émouvant de Jean-Marc Sainclair et Jean Crousillac nous livre les récits de ces femmes violées par des soldats britanniques,
puis chassées par leurs maris ou bannies de leur communauté, qui se sont regroupées et ont créé en 1991 leur propre village Umoja (qui signifie unité en swahili).
La région, l’une des plus splendides du Kenya, attire effectivement de nombreux touristes en quête de nature. Pourtant qui, dans ces autocars bondés de visiteurs armés de caméras et d’appareils
photos, soupçonnerait que Samburu abrite aussi l’une des histoires les plus insolites et les plus dramatiques du Kenya ? Mais cette histoire ne figure dans aucun guide.
Une prospérité enviée
Je vis ici depuis quinze ans à cause des militaires qui m’ont violée. Mais j’ai une vie bien meilleure qu’avant. Mon mari me battait, ne me respectait
pas. Parties de rien, installées sur une terre asséchée, ces quelques 50 femmes, avec leurs 150 enfants, ont construit au fil des années une prospérité économique enviée dans toute la région.
A leur tête, Rebecca Lolosoli, la matriarche et fondatrice du village. Femme de poigne, elle a elle-même fui les hommes de son village qui ne supportaient pas sa force de caractère et ne manquaient
pas une occasion pour la rouer de coups. C’est elle qui a décrété que Umoja serait interdit à la gent masculine.
Fous de jalousie, ces derniers ont, dans un premier temps, campé en face de Umoja pour espionner leurs femmes et les attaquer. Ils ont aussi cherché à copier le modèle économique de ces dernières :
les habitantes de Umoja avaient-elles monté un centre culturel, une boutique artisanale et un camping pour les touristes, le village rival masculin essayait d’en faire de même. Mais en vain. Tandis
qu’Umoja prospérait, le village rival stagnait. Tant et si bien que les hommes s’en sont allés. Mais certains d’entre eux continuent leurs razzias sur le village féminin pour battre, enlever ou
tuer leurs épouses rebelles. Les femmes de Umoja ont d’ailleurs engagé trois guerriers masaïs pour les protéger durant la nuit.
A Umoja, on n’excise plus les petites filles
Et Umoja n’a cessé de prospérer. Grâce aussi à l’aide internationale, des écoles ont été ouvertes pour les enfants et les mentalités ont commencé à changer. A
Umoja, on n’excise plus les petites filles, on ne les marie plus à des vieillards, et les garçons aident leurs mères dans les tâches ménagères. Umoja s’est forgé une telle réputation que le village
est devenu un lieu de refuge et de conseil pour les femmes battues ou maltraitées des villages alentour.
Honnie par les hommes du coin qui la perçoivent comme une menace, Rebecca Losoli a acquis une renommée internationale. Elle a été invitée à New York aux Nations Unies, à un sommet à Nairobi, en
France, en Italie, au Canada – elle sera présente à Genève pour une rencontre avec le public après le film dimanche. Et elle a l’intention de se présenter au parlement kenyan.
Il existe beaucoup de programmes et de séminaires destinés aux femmes, mais il en faut absolument pour les hommes, explique la matriarche. Ce sont eux le principal obstacle au changement des
mentalités. Chez nous, une femme n’a pas le droit de contester les dires d’un homme, même s’il est dans son tort. Cela doit changer. Avant, nous ne connaissions pas nos droits, car nous n’avions
aucune éducation. C’est pourquoi nous faisons de l’école une priorité pour nos enfants. Nous apprenons aussi aux femmes à se respecter, à respecter leurs corps, notamment pour se protéger du sida.
Elles doivent comprendre qu’elle sont en droit de refuser un rapport sans devoir craindre d’être battues ou violées. Elles doivent pouvoir posséder une terre afin de se nourrir ainsi que leurs
enfants.
Dans la communauté Samburu, c’est toujours la femme qui travaille beaucoup. Elle se réveille tôt, vers 3h, elle travaille toute la journée et se couche tard vers 23h. L’homme, lui, dort quand
il veut et autant qu’il veut. A son réveil, il réclame son petit déjeuner, sort éventuellement le bétail de l’enclos et va dormir sous un arbre. Le reste du temps, il joue avec ses amis, exige
qu’on lui apporte la nourriture là où il se trouve. Après il dort, et de nouveau il demande de la nourriture. La femme fait tout, mais rien ne lui appartient. Parfois elle n’a même pas le droit de
manger.
Cercles de colliers aux couleurs chatoyantes autour du cou, robes flamboyantes, la femme adossée à un tronc semble sortie d’une pub pour safaris. Elle est en réalité l’une des
protagonistes de Umoja, le village interdit aux hommes. Ce documentaire émouvant de Jean-Marc Sainclair et Jean Crousillac nous livre les récits de ces femmes violées par des soldats britanniques,
puis chassées par leurs maris ou bannies de leur communauté, qui se sont regroupées et ont créé en 1991 leur propre village Umoja (qui signifie unité en swahili).
La région, l’une des plus splendides du Kenya, attire effectivement de nombreux touristes en quête de nature. Pourtant qui, dans ces autocars bondés de visiteurs armés de caméras et d’appareils
photos, soupçonnerait que Samburu abrite aussi l’une des histoires les plus insolites et les plus dramatiques du Kenya ? Mais cette histoire ne figure dans aucun guide.
Une prospérité enviée
Je vis ici depuis quinze ans à cause des militaires qui m’ont violée. Mais j’ai une vie bien meilleure qu’avant. Mon mari me battait, ne me respectait
pas. Parties de rien, installées sur une terre asséchée, ces quelques 50 femmes, avec leurs 150 enfants, ont construit au fil des années une prospérité économique enviée dans toute la région.
A leur tête, Rebecca Lolosoli, la matriarche et fondatrice du village. Femme de poigne, elle a elle-même fui les hommes de son village qui ne supportaient pas sa force de caractère et ne manquaient
pas une occasion pour la rouer de coups. C’est elle qui a décrété que Umoja serait interdit à la gent masculine.
Fous de jalousie, ces derniers ont, dans un premier temps, campé en face de Umoja pour espionner leurs femmes et les attaquer. Ils ont aussi cherché à copier le modèle économique de ces dernières :
les habitantes de Umoja avaient-elles monté un centre culturel, une boutique artisanale et un camping pour les touristes, le village rival masculin essayait d’en faire de même. Mais en vain. Tandis
qu’Umoja prospérait, le village rival stagnait. Tant et si bien que les hommes s’en sont allés. Mais certains d’entre eux continuent leurs razzias sur le village féminin pour battre, enlever ou
tuer leurs épouses rebelles. Les femmes de Umoja ont d’ailleurs engagé trois guerriers masaïs pour les protéger durant la nuit.
A Umoja, on n’excise plus les petites filles
Et Umoja n’a cessé de prospérer. Grâce aussi à l’aide internationale, des écoles ont été ouvertes pour les enfants et les mentalités ont commencé à changer. A
Umoja, on n’excise plus les petites filles, on ne les marie plus à des vieillards, et les garçons aident leurs mères dans les tâches ménagères. Umoja s’est forgé une telle réputation que le village
est devenu un lieu de refuge et de conseil pour les femmes battues ou maltraitées des villages alentour.
Honnie par les hommes du coin qui la perçoivent comme une menace, Rebecca Losoli a acquis une renommée internationale. Elle a été invitée à New York aux Nations Unies, à un sommet à Nairobi, en
France, en Italie, au Canada – elle sera présente à Genève pour une rencontre avec le public après le film dimanche. Et elle a l’intention de se présenter au parlement kenyan.
Il existe beaucoup de programmes et de séminaires destinés aux femmes, mais il en faut absolument pour les hommes, explique la matriarche. Ce sont eux le principal obstacle au changement des
mentalités. Chez nous, une femme n’a pas le droit de contester les dires d’un homme, même s’il est dans son tort. Cela doit changer. Avant, nous ne connaissions pas nos droits, car nous n’avions
aucune éducation. C’est pourquoi nous faisons de l’école une priorité pour nos enfants. Nous apprenons aussi aux femmes à se respecter, à respecter leurs corps, notamment pour se protéger du sida.
Elles doivent comprendre qu’elle sont en droit de refuser un rapport sans devoir craindre d’être battues ou violées. Elles doivent pouvoir posséder une terre afin de se nourrir ainsi que leurs
enfants.